« Frieda, la véritable histoire de Lady Chatterley » d’Annabel Abbs

Je remercie particulièrement les Editions Hervé Chopin, les libraires ensemble et la Librairie Charlemagne La Valette de m’avoir permis de gagner ce roman.

Je ne m’étais jamais demandé où D.H. Lawrence avait pu puiser son inspiration pour écrire son plus célèbre roman, longtemps interdit de publication.

Grâce à la lecture de cet excellent roman, maintenant je le sais : dans sa propre histoire et celle qui allait devenir sa femme, Frieda.

La baronne Frieda von Richthofen est la troisième fille de cette famille de militaire. Le baron, son père, a mené la famille vers la ruine en raison de ses dettes de jeu. C’est la raison pour laquelle la jeune Frieda sera autorisée à épouser un professeur d’université anglais, Ernest Weekley, qui l’accepte sans dot, trop heureux d’épouser une aristocrate.

Y a t-il eu de la passion amoureuse entre ces deux là au moment de leur mariage ? Rien n’est moins sûr.

Au moment où débute le roman en 1907 à Nottingham, Frieda est déjà mère de trois enfants. Elle s’ennuie passablement dans cette vie étriquée qui est la sienne : Ernest est obnubilé par son travail, toujours le nez plongé dans ses livres ; elle n’a pas d’amies étant toujours considérée comme une étrangère.

Seuls ses enfants lui apportent de la joie et du réconfort.

Quand elle va rendre visite seule à ses soeurs à Munich, elle découvre une toute autre vie. La ville fourmille d’activités intellectuelles et artistiques. Grâce aux travaux de Freud et de Jung, un courant de « libération sexuelle » soutenu par des médecins et des penseurs est en vogue. Ses propres soeurs sont adeptes et ont des amants.

Frieda va alors choisir de participer à ce mouvement en se laissant initier par le Docteur Otto Gross auprès duquel elle va découvrir la liberté du corps mais aussi l’émulation intellectuelle. Tout ce que son mari ne lui donne pas.

C’est une femme transformée qui va rentrer à Nottingham.

Quand son mari lui demandera d’aider un de ses jeunes étudiants désireux d’enseigner en Allemagne, elle tombera très vite sous le charme de D.H. Lawrence. De cette attirance physique va naître une relation amoureuse passionnée.

Frieda se rend bien compte qu’elle ne peut continuer la vie commune avec Ernest auprès de qui elle s’étiole, que son désir le plus cher est de vivre avec D.H Lawrence. Elle est prête à tout quitter mais il est impensable pour elle d’abandonner ses enfants.

C’est son amant qui, sans rien lui dire et par un acte délibéré, va faire en sorte qu’elle perde la garde de ses enfants pour l’avoir tout à lui, et ce sans aucun égard pour la peine immense qu’il va lui infliger.

Le destin de Frieda m’a émue et j’ai particulièrement détesté le comportement de DH Lawrence, sinistre manipulateur. Comme toutes ses contemporaines qui ont cherché à se réaliser pleinement en tant que femme, Frieda a payé le prix fort : « Tout son passé avait été un combat long et difficile pour devenir elle-même. Elle avait quitté Metz pour se trouver. Et elle était devenue Mrs Weekley, le perce-neige d’Ernest. Avec Otto, elle avait repris possession d’elle-même. Et elle s’était perdue de nouveau en devenant Mrs Lawrence et une multitude de personnages fictifs, palimpsestes d’elle-même, tirés de l’imagination de Lorenzo. Et elle avait découvert que, sans ses enfants, elle avait été privée d’une part vitale d’elle-même. Tout cela pour trouver quoi ? »

Merci à Annabel Abbs d’avoir donné à Frieda toute la place qu’elle mérite.

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