« Disgrâce » de J.M. Coetze

Un des « avantages » du confinement (regardons le verre à moitié plein !), c’est que je ne peux plus emprunter à ma médiathèque préférée ni ne reçois de livres de maisons d’édition.

Le moment paraît donc choisi pour lire, enfin, des romans qui sont dans ma PAL depuis parfois bien longtemps.

Mon choix s’est porté sur « Disgrâce » qui m’avait été recommandé par la Kube.

Ecrit en 1999 et publié en France en 2001, ce roman nous raconte le désenchantement et la descente aux enfers de David Lurie. Celui-ci, professeur d’université, divorcé deux fois, la petite cinquantaine a pris l’habitude de rencontres tarifées pour satisfaire ses besoins sexuels. Le campus lui a aussi servi pendant très longtemps de terrain de chasse.

Presque par hasard, il jette un soir son dévolu sur une de ses étudiantes, Mélanie Isaacs. Celle-ci ne semble pas réellement consentante et déposera plainte contre lui pour harcèlement.

A ce moment de ma lecture, je me suis dit que l’auteur avait dénoncé, bien avant le mouvement #me too, le harcèlement fait aux femmes. Mais ce n’est pas le seul sujet de ce roman car dans la deuxième partie, après avoir été licencié et déchu de sa position sociale, David Lurie va panser ses plaies chez sa fille Lucy, propriétaire d’une ferme dans le bush.

Là, on découvre avec lui la réalité de la période post-apartheid et le désir de vengeance, non verbalisé mais acté, que des sud-africains ont manifesté à l’égard des blancs.

Même si le désir de réconciliation était très fort chez certains, il reste des barrières entre les deux communautés, notamment au niveau du langage : « De plus en plus, il est persuadé que l’anglais n’est pas le médium capable d’exprimer la vérité de l’Afrique du Sud. De longues suites de mots dans le code anglais, ont perdu leurs articulations, se sont désarticulées, raidies, roidies. Comme un dinosaure qui expire et s’enfonce dans la boue, la langue a perdu sa souplesse. Si elle devait épouser le moule de l’anglais, l’histoire de Petrus en ressortirait percluse, un conte d’antan. »

J’ai aimé lire cet excellent roman même si l’histoire est plutôt déprimante. Ca doit être ça le talent d’un Prix Nobel de Littérature.

Disgrâce par Coetzee

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