"Moscou" de Schalom Asch Editions Archipoche

Je remercie les Editions Archipoche pour l’envoi de ce roman qui clôt la trilogie.

Schalom Asch, après Petersbourg et Varsovie, nous entraîne au coeur de Moscou, là où bat le coeur de la Révolution Russe après les événements d’Octobre 1917.

On y retrouve Zakhari Mirkin qui est devenu un combattant révolutionnaire dont le rôle est reconnu par ses pairs mais aussi son père Gabriel Mirkin et l’avocat Halperine qui se trouvent maintenant tous deux du « mauvais côté de la barrière ».

Si Schalom Asch dépeint parfaitement et de façon claire tous les rouages de cette révolution, qui a lieu en pleine Première Guerre Mondiale, il s’attache à développer le questionnement , le cheminement intellectuel, voire spirituel, de Zakhari plongé au coeur de cette tourmente.

De nombreux personnages, de l’aristocratie ou du prolétariat, traversent les pages du roman, chacun ayant pour mission de nous faire découvrir l’âme humaine :

 » Les employés de l’hôtel se permettaient depuis quelques jours une certaine désinvolture qu’ils n’auraient jamais osé afficher dans d’autres circonstances : ils ignoraient délibérément certains ordres, faisaient la sourde oreille quand on les appelait, s’autorisaient des réponses qui faisaient monter le sang à la tête des clients…..(…) Et comme les temps voulaient qu’on se montre « l’ami du peuple », on rachetait à coups de gros pourboires les péchés commis contre ‘ »le peuple ». C’était une surenchère permanente à qui se montrerait « le plus grand ami du peuple » en donnant le plus gros pourboire ».

Zakhari finira par s’interroger sur les dérives de cette Révolution :

« Et comme partout ailleurs, Mirkin pouvait lire la peur et l’angoisse dans les yeux rougis de pleurs, dans les visages défaits ; il entendait les soupirs étouffés. Il ne parvenait pas à comprendre cette peur, cette angoisse devant les organes de la Révolution. Qui inspirait à ces citoyens un tel effroi devant la Révolution ? N’était ce pas leur pouvoir à eux ? N’était ce pas ce qu’ils avaient souhaité ? (…) C’était le pouvoir qui le remplissait d’épouvante. S’il en était ainsi, à quoi bon le pouvoir ? S’il en était ainsi, à bas tout pouvoir ! se dit-il. »

Je suis reconnaissante envers les Editions Archipoche d’avoir réédité cet auteur et de me l’avoir fait découvrir. Les quelques 1500 pages de la trilogie m’ont permis de comprendre cette partie de l’histoire russe et ont apporté un éclairage sur l’âme de son peuple.

Et de plus, les couvertures sont magnifiques.


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