» Varsovie » de Schalom Asch

Je remercie les Editions Archipoche pour l’envoi de ce roman qui est la suite de « Petersbourg ».

Nous retrouvons dans ce roman Zakhari Mirkin qui, après avoir pris conscience de sa judéité a quitté Petersbourg pour rejoindre Varsovie.

Là, il retrouve Mme Hurwitz qu’il avait assistée à Petersbourg dans sa quête de vérité pour connaître le sort réservé à son fils aîné, arrêté pour raisons politiques.

Rachel-Léa Hurwitz va l’aider à se loger, l’inviter très régulièrement à partager leur repas du vendredi soir et à ainsi rencontrer les étudiants et autres amis de son époux, directeur d’une école.

Le foyer des Hurwitz est un endroit où s’échangent les idées tant religieuses que révolutionnaires. Tout ceci dans la plus grande pauvreté.

Confronté à la dure réalité de la vie, Zakhari se sent très mal à l’aise, lui qui n’a pas à se soucier de l’endroit où il va dormir ni de quoi son prochain repas sera fait en raison de l’argent que son père lui envoie régulièrement. Il va renoncer à cet argent afin de se débarrasser de l’étiquette de « petit-bourgeois » qu’on lui colle et de se confronter à la misère qui est le lot quotidien de tous ses voisins.

 » Il n’y a pas de « poussée intérieure », pas de motivation plus forte que la misère. La misère nue, c’est le passeport exigé par les masses pour se laisser approcher. C’est aussi la seule garantie que l’engagement est sincère, définitif, qu’un même sort nous lie aux autres. »

Le monde ouvrier est secoué par les idées révolutionnaires et de nombreux juifs y adhèrent, participant aux réunions secrètes ou vivant dans la clandestinité.

Zakhari, qui est toujours fasciné par la pratique religieuse de ceux qui ont été élevés dans la foi, espère faire sortir du ghetto économique où ils sont enfermés les artisans juifs afin qu’ils puissent profiter de l’essor des fabriques du textile.

Si le jeune homme est souvent confronté à ses propres limites , il est très intéressant de suivre son cheminement psychologique au milieu de ces ouvriers qui refusent les diktats et la répression imposés par l’Empire.

Schalom Asch dépeint admirablement ces années qui ont précédé le déclenchement de la Première Guerre Mondiale. Le bouillonnement d’idées révolutionnaires devient grâce à lui beaucoup plus clair. Le cheminement du personnage principal, tout au long duquel chaque personne rencontrée vient ajouter une réflexion supplémentaire, est extrêmement intéressant.

Varsovie - tome 2 par Asch


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