« Mélodie de Vienne » d’Ernst Lothar Editions Liana Levi

Ernst Lothar était un écrivain viennois, proche de Zweig. Il était aussi connu pour ses mises en scène de théâtre. Dès 1938, en raison de ses origines juives, il a trouvé refuge à New York où ce roman paraît en 1944.

La traduction française du titre, qui nous fait aussitôt penser à une valse viennoise, ne rend pas justice à la profondeur de ce roman.

Le personnage central de livre est une maison construite en 1788 à l’angle de la Seilerstätte et de l’Angasse, en plein coeur de la ville de Vienne.

Cette maison abrite depuis plus d’un siècle la famille Alt, célèbre dynastie de fabriquants de pianos. Le célèbre Mozart a joué peu de temps avant sa mort sur l’un de leurs pianos qui est conservé précieusement depuis .

La particularité de cette maison de trois étages et comprenant plusieurs appartements, c’est qu’il a été expressément stipulé dans le testament de son bâtisseur qu’aucun de ses descendants ne serait autorisé à vivre ailleurs et que la succession ne peut se faire qu’entre membres directs de ladite famille.

Quand en 1888, Franz Alt décide d’épouser Henriette Stein, bien plus jeune que lui et dont le père est juif, c’est à toute la maisonnée qu’il doit en demander l’autorisation.

Du suicide de Rodolphe, prince héritier, ami proche d’Henriette ; de l’assassinat de l’Archiduc à la Grande Guerre qui entraînera l’effondrement de l’empire austro-hongrois ; de l’apparition du mouvement ouvrier à l’annexion de l’Autriche par Hitler, nous suivons les soubresauts de ce pays pas bien grand en taille mais qui a donné au monde de nombreux génies.

Dans la maison Alt cohabitent et se croisent des individus qui, en dépit des liens du sang, ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde. D’autres, les pièces rapportées, ne sont que tolérés.

La maison est la métaphore de l’Autriche. Les Viennois sont confrontés aux soubresauts de l’Histoire. Ils peinent à savoir qu’elle est leur véritable identité en tant que peuple. Bien que n’ayant jamais beaucoup aimé l’Allemagne, dont ils veulent se démarquer, le nazisme va toutefois y trouver un nid accueillant.

J’ai particulièrement apprécié la lecture de ce pavé de 665 pages car j’ai énormément appris sur ce pays.

Merci donc aux Editions Liana Levi de l’avoir réédité en France.

Mélodie de Vienne par Lothar


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