« Dernière nuit à Montréal » d’Emily St John Mandel chez Rivages Thriller

La jeune Lilia, 7 ans, vient d’être enlevée par son père. Sa mère, qui en avait la garde après le divorce, va charger un détective privé de retrouver la petite fille.

C’est à travers le récit d’Eli, dernier petit ami de Lilia maintenant âgée de 22 ans, que nous découvrons ce que fut sa vie de fugitive. En effet, son père a voyagé avec elle pendant des années à travers tous les Etats-Unis, développant des méthodes de camouflage très élaborées.

Jusqu’aux dernières pages se pose la question : le père de Lydia est-il un individu abject qui a volé son enfance à une petite fille qui ne demandait rien ou bien est-il en fait son sauveur ?

L’ambiance n’est pas joyeuse du tout. On comprend bien que Lilia devenue adulte éprouve des difficultés à pouvoir mener une vie normale. J’ai trouvé intéressant et original de suivre cette cavale.

Dernière nuit à Montréal par St. John  Mandel

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« Une autre femme » d’Anne TYLER Ed 10-18

Delia Grinstead, petite quarantaine, est femme de médecin, mère de 3 grands ados et vit toujours dans la maison de son enfance. En effet, son mari Sam a repris le cabinet médical du père de Delia.

Alors qu’elle fait ses courses au supermarché, elle est abordée par un charmant inconnu un peu plus jeune qu’elle. Inconnu qu’elle trouve charmant et qui deviendra temporairement son amant.

Oh mais ne vous fiez pas aux apparences, Delia n’a rien d’une cougar ni d’une dévergondée ! Elle est simplement étonnée que quelqu’un puisse encore s’intéresser à elle. D’ailleurs, elle a le sentiment que son mari ne la voit plus tant il est absorbé par son travail ; ses enfants n’ont plus vraiment besoin d’elle. (Que celle qui n’a jamais ressenti ça, jette la première pierre à Delia. En tout cas, ce ne sera pas moi).

Alors que la famille passe ses vacances au même endroit depuis des années et avec la famille élargie au grand complet, Delia part se promener sur la plage et sans l’avoir prémédité s’enfuit. Elle s’installera dans une toute petite ville à une heure de route de Baltimore . Là, elle va s’inventer une autre vie, se prouver qu’elle est capable d’exercer un emploi, de voir ses compétences reconnues et de lier des amitiés.

Delia ne vit plus maintenant à travers les autres : mari, enfants, soeurs. Delia se reconstruit et découvre sa vraie personnalité. Au fil des pages, je me suis attachée à ce personnage qui m’a tour à tour émue, énervée, profondément agacée parfois. J’ai eu aussi envie à certains moments de la secouer et de lui dire « eh attention, Delia, ne retombe pas dans tes travers ou tes faiblesses ». Mais finalement, n’était-ce pas à moi-même que je m’adressais ?

La grande force de ce roman réside dans la justesse du portrait que l’auteure dresse d’une femme qui arrive au mitan de sa vie avec ses interrogations, ses déceptions, ses espoirs aussi. Je ne dévoilerai pas la fin de l’histoire, je dirai juste que Delia ne m’a pas déçue.

Une autre femme - Anne TYLER

 

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« Un fils en or » de Shilpi Somaya Gowda

Grande amatrice de littérature indienne, je découvre pourtant seulement aujourd’hui Shilpi Somaya Gowda. Cette dernière est née et a grandi à Toronto de parents venus d’Inde.

Elle nous raconte dans ce roman la trajectoire d’Anil, fils aîné d’une famille de petits propriétaires terriens dans la province du Gujarat. Il sera le premier, et le seul des fils de la famille, à aller à l’université pour suivre des études de médecine. Voulant étudier la médecine de pointe, il partira ensuite à Dallas, Texas, pour faire un internat dans un prestigieux hôpital.

Là, il découvrira la compétition acharnée entre étudiants, les passe-droits,  le racisme. Pourtant, rien ne le découragera dans la poursuite de son rêve professionnel.

Toutefois, comme pour tous ses amis étudiants indiens, se pose la question du respect des traditions de son pays d’origine :  végétarisme, pas d’alcool, attendre que la famille lui choisisse une épouse.

Anil porte en lui une blessure : il n’a pas su s’opposer au refus de sa mère quand il a voulu épouser celle qui était son amour de jeunesse, Leena. On suivra d’ailleurs en parallèle le destin de Leena.

La question centrale du roman reste celle-ci : Anil, qui a su se battre et surmonter de nombreux obstacles pour devenir un bon médecin, reconnu par ses professeurs, osera-t’il un jour s’opposer à sa mère pour lui imposer son choix de vie et épouser celle qu’il aime ?

J’ai trouvé ce roman excellent car l’auteure aborde avec justesse et sans pathos toutes les problématiques, les tiraillements auxquels les jeunes qui choisissent de vivre dans un autre pays sont confrontés.

Un fils en or par Gowda

 

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« Le songe de l’astronome » de T. Bourcy et F.H. Soulié Ed 10-18

Pour faire un bon polar historique : prendre un immense château rempli de passages secrets, un empereur porté sur le beau sexe et piqué d’astrologie, un astronome réputé toujours accompagné de son nain de compagnie, un ambassadeur du Danemark, une courtisane anglaise suspectée d’être une espionne de la reine Elisabeth 1ère, un immense (par la taille) peintre, une cantatrice, un inquisiteur….

Bien secouer et on obtient l’intrigue suivante : Tycho Brahé, astronome et alchimiste, a été banni du royaume du Danemark. Il a trouvé refuge auprès de Rodolphe II qui l’a accueilli dans son château de Prague afin qu’il poursuive ses recherches.

C’est justement parce qu’il a des révélations à faire quant à sa conception du cosmos que Rodolphe II a invité tout ce petit monde. Brahé joue gros car si sa théorie déplaît à l’inquisiteur Roberto Bellarmin, il risque fort de subir le même sort que Bruno Giordano.

Bien qu’ayant réussi cet « examen de passage » l’astronome est retrouvé mort dans le cabinet de curiosités du château peu de temps après la fin du banquet organisé en son honneur.  Afin de découvrir l’identité de l’assassin, tous les invités sont consignés dans le château.

L’enquête va se dérouler dans ce huis-clos. Huis-clos qui n’empêchera pourtant pas d’autres morts suspectes jusqu’au dénouement tout à fait inattendu.

J’ai eu un petit peu de mal à entrer dans l’histoire sur les deux premiers chapitres, le temps de bien identifier tous les personnages de l’intrigue (il y a beaucoup de monde dans le château de Rodolphe !).

Ensuite, je me suis laissée prendre au jeu, un peu comme pendant une partie de Cluedo. Ce n’est vraiment que peu avant le dénouement que j’ai trouvé le mobile des crimes. (Non ce n’est pas le Colonel Moutarde !!).

Le songe de l’astronome - Thierry BOURCY, François-Henri SOULIE

 

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« Landfall » d’Ellen Urbani Ed Gallmeister

Je ne me rappelle plus à quelle occasion j’ai entendu parler de ce roman mais le fait qu’il soit recommandé par deux écrivains que j’aime (Pat Conroy et Fannie Flagg) m’a incitée à l’acheter.

Imaginez deux familles monoparentales  d’un côté la famille blanche représentée par Rose, 18 ans, et sa mère Gertrude et de l’autre la famille noire composée de Rosy, 18 ans, et de sa mère Cilla.

La famille blanche et la famille noire n’auraient jamais dû se rencontrer mais le destin en a voulu autrement. Après le passage de l’ouragan Katrina, Gertrude a vidé ses placards et rempli sa voiture de sacs de vêtements qu’elle souhaite donner aux sinistrés de La Nouvelle-Orléans. Rose l’accompagne.

Rosy et Cilla sont restées prisonnières des eaux , coincées pendant 3 jours dans le grenier de leur voisine. Quand enfin, elles sont parvenues à s’en extirper, elles se retrouvent confrontées à la mort, à la panique, aux conditions déplorables dans lesquelles les gens sont parquées et abandonnées dans le stade du Superdome.

Cilla étant bi-polaire, une crise se déclenche. Elle sera emprisonnée par des policiers complètement dépassés par les évènements. Rosy prendra alors la route afin de trouver de l’aide auprès de la famille de son père, père qu’elle n’a jamais rencontré car il s’est suicidé avant sa naissance.

C’est sur la route que le destin va réunir Rose et Rosy  : à cause de la chaussée rendue glissante par les pluies torrentielles, Gertrude va perdre le contrôle de son véhicule, écrasant Rosy qui marchait sur le bas-côté. La voiture finira sa course dans un arbre dont une branche maîtresse traversera le pare-brisera et empalera la conductrice.

Rose se retrouve être la seule survivante de cet accident. Elle n’aura de cesse de retrouver la famille de Rosy afin d’annoncer elle-même la mort de la jeune fille. Elle ne s’attendait pas à ce qu’elle allait découvrir.

Roman puissant, sans concession quant à la description de la situation créée par l’ouragan Katrina et des séquelles pour les habitants de La Nouvelle-Orléans. Au-delà de l’histoire de famille, ce sont ces évènements qui sont particulièrement intéressants.

 

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« Comme tous les après-midi » de Zoya Pirzad

Autre recueil de nouvelles mais d’une auteure iranienne cette fois-ci.

18 nouvelles parfois très courtes (une page) racontant l’univers quotidien de femmes au foyer : la fenêtre, la cuisine où elles passent beaucoup de leur temps, les enfants, l’attente du mari.

Un univers ténu que l’auteure décrit comme de petits tableaux.

Du coup, je n’ai pas grand chose à en dire. Ca se lit très vite de façon agréable mais ça s’oublie très vite aussi.

Comme tous les après-midi par Pirzâd

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« Les oiseaux de bois » d’Asli Erdogan

Je suis un peu familière de la littérature turque mais n’avais encore jamais rien lu d’Asli Erdogan. C’est l’annonce de son emprisonnement qui me l’a faite découvrir et donner envie de la lire.

La médiathèque que je fréquente ne possède qu’un seul de ses livres  « Les oiseaux de bois ». Il s’agit d’un recueil de 5 nouvelles toutes aussi puissantes les unes que les autres.

Dans la première, qui donne son titre au recueil, 6 femmes pensionnaires d’un sanatorium, se pressent par un samedi après-midi sur des chemins tortueux de forêt et de montagne afin d’ être à l’heure  pour ne pas rater « L’Amazon Express ». Ces femmes, malades et n’ayant que très peu de perspective d’avenir, n’ont que cette échappée pour se sentir pleinement vivantes pendant quelques minutes.

Dans « Une visite surgie du passé », un homme se souvient, un an après, de la mort de sa compagne. On y découvre au fil des pages la lâcheté dont il a fait preuve mais également de très belles descriptions de la ville d’Istanbul  :

« Istanbul est une femme fatiguée, mais attirante me disais-je, elle a beau avoir été malmenée, elle a réussi à rester belle, c’est une femme légère au coeur blessé. Elle a couché avec des hommes qui ne connaissaient pas son prix. Chaque fois elle s’est indignée mais elle a toujours pardonné. Elle est facile à aborder, mais c’est une femme incomparable, orgueilleuse et inaccessible. »

Les autres nouvelles nous feront croiser la route d’une jeune schizophrène, celle d’une femme de prisonnier qui garde précieusement les lettres censurées de son mari, et qui, enceinte, va se poster tôt un matin devant la porte de la prison afin de l’apercevoir :

 » Sous bonne garde, le détenu sortit du bâtiment de pierre et elle resta là jusqu’à ce qu’on l’ eût mené à la voiture du pénitencier. Bien droite, inaccessible, silencieuse…Secouée par le vent… Offerte à tous les coups. Elle vit l’éclair qui brilla dans ses yeux – était-ce de la stupeur, de la joie, de la gratitude ou de l’amour, ou rien de tout cela, elle vit le frémissement au coin de ses lèvres, le vague salut de ses mains hissant les chaînes jusqu’à sa poitrine, le pouce tourné vers le sol pour dire ça va mal – à ce moment précis, un policier le poussa avant en lançant un juron- sa tête qui se cogna lorsqu’il monta précipitamment avec les autres dans la voiture…rien ne lui échappa. »

Le style puissant d’Asli Erdogan m’a happée tout de suite. J’ai lu les 150 pages du recueil quasiment d’une seule traite. Je suis heureuse d’avoir découvert cette auteure.

Les oiseaux de bois par Erdogan

 

 

 

 

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