« Funny girl » de Nick Hornby Ed 10-18

Coup de coeur !

Au tout début des années 60, Barbara, jeune fille née et vivant à Blackpool, petite cité ouvrière du nord de l’Angleterre, n’a qu’une envie : se rendre à Londres pour devenir comédienne et faire rire les gens.

Alors qu’elle vient de remporter le titre de Miss Blackpool grâce à son physique avantageux, elle prend soudain conscience que ce titre comporte un tas de responsabilités (visites dans les hôpitaux, expositions, galas de charité) qui vont freiner son départ. Elle démissionne dans les 5 minutes qui suivent et part pour vivre son rêve.

Ses premiers mois dans la capitale seront difficiles, mais sa rencontre avec deux scénaristes lui permettront de devenir une immense vedette de la télévision sous le pseudonyme de Sophie Straw.

Le génie de Nick Hornby est de s’appuyer sur ce que l’on appellerait aujourd’hui une sitcom ayant réellement existé : « Barbara (et Jim).

Son roman nous fait découvrir la lourdeur de la télévision anglaise à cette époque, la volonté des scénaristes à  faire reculer les lignes de la bien pensance.

C’est aussi le prétexte d’aborder le problème de l’homosexualité à une époque où elle était passible de prison, la place de la femme dans la société, les débuts de la libération sexuelle, le divorce.

Tout cela dans un roman léger, joyeux, pétillant. Excellent moment de lecture.Funny Girl - Nick HORNBY

 

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« Le torrent » d’Anne HEBERT

J’ai découvert cette auteure québecoise en lisant un article qui lui était consacré sur Facebook. Mon amie Linda a eu l’énorme gentillesse de m’offrir son exemplaire de ce recueil de nouvelles.

Née en 1916, décédée en 2000, Anne Hébert a compilé dans ce livre 6 nouvelles écrites entre 1939 et 1963.

Si parfois la nouvelle peut être un genre léger, ici ce n’est pas le cas. Les thèmes abordés : mère destructrice dans « Le torrent », destin de « vieille fille » dans « La maison de l’esplanade », ambitions personnelles, faux-semblants et trahisons dans « Un grand mariage ».

Toutes ces histoires sont écrites dans une langue tellement forte, sans fioritures qu’il faut pouvoir les lire dans un moment de réelle tranquillité pour pouvoir les apprécier pleinement.

De la nouvelle « La mort de Stella », j’apprécie particulièrement ces deux passages :

« De la mémoire pourtant, Stella n’en avait jamais eu de reste. Ni Etienne non plus. De là peut-être venait une certaine forme de malheur, une certaine forme d’espérance aussi ? On recommençait les mêmes sottises, sans se lasser, on rattrapait les mêmes joies, les mêmes peines, comme si on les inventait à mesure. Les souvenirs mis en commun, on ne s’y retrouvait guère, la part de l’un perdue dans celle de l’autre. Les méfaits et les magies de l’oubli, l’intervention souterraine de l’imaginaire, et voici que quelques soirs, Etienne déballait des souvenirs fabuleux. Et cela tournait à sa gloire, ou à sa ruine, selon l’humeur de l’auditoire »

« Debout sur le petit perron de bois, Marie attend, le bébé dans les bras, Yvonne serrée contre elle. Julia s’en revient sur la route. La voisine est avec elle. On voit les deux lampes de poche qui se rapprochent dans le noir. Il y a des flaques partout. La beauté odorante de la plaine, murmurante d’eau et d’insectes, a repris son chant de paix. Marie presse le bébé contre sa poitrine, penche son visage endormi. L’enfant grimace en rêve sous une averse salée. »  (Stella, leur mère, vient de mourir).

Magnifique moment de lecture.

Le Torrent par Hébert

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« Dans le silence du vent » de Louise Erdrich

Grand roman encore de cette auteure que j’affectionne particulièrement.

Elle nous entraîne dans une réserve indienne. Là vit Joe, adolescent de 13 ans, avec son père, juge de la réserve et sa mère, responsable administrative.

Un dimanche soir, la mère de Joe subit une terrible agression sexuelle, le violeur ayant tenté de la brûler vive après son acte. Elle restera longtemps prostrée dans sa chambre et murée dans le silence.

Révolté par le peu de cas que font les autorités blanches du viol de sa mère et de la non-arrestation de l’auteur présumé du viol, Joe va se lancer avec l’aide de ses amis à la poursuite de ce dernier.

A la lecture de cet excellent roman, j’ai découvert la vie dans une réserve indienne, les coutumes et traditions de ce peuple qui veut survivre coûte que coûte.

A lire comme tous les autres romans de Louise Erdrich.

Dans le silence du vent par Erdrich

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« Une vie entre deux océans » de M.L. Stedman

Partons pour l’Australie, sur la toute petite et désertique île de Janus Rock, quelques années après la Première Guerre Mondiale.

Là vit Tom Sherbourne. Il a choisi d’être gardien du phare. La solitude lui convient. Il a vu et fait trop de choses indicibles en Europe. Cet endroit lui convient parfaitement.

Mais l’amour va s’en mêler : lors de quelques semaines de repos dans la petite ville de Pointe Partageuse, il va rencontrer la jeune Isabel, fille de l’instituteur à la retraite. La jeune femme va accepter de l’épouser et de venir vivre avec lui.

Si la vie est dure sur l’île dont ils sont les seuls habitants, l’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre rend les choses beaucoup plus faciles. Hélas, Isabel n’arrive pas à mener ses grossesses à terme et elle perdra trois foetus.

C’est justement le jour de sa dernière fausse couche à 7 mois de grossesse, qu’un bateau s’approche de l’île. A son bord, Tom découvre le corps d’un homme à côté duquel se trouve un bébé âgé d’environ 3 mois, une petite fille.

S’il recueille le bébé, Tom n’envisage pas un instant de le garder. Il a bien conscience qu’il faut prévenir les autorités du phare de sa découverte macabre et que des recherches soient menées pour que la petite fille soit rendue à sa vraie famille.

Mais devant le désespoir d’Isabel d’avoir perdu leur propre enfant et son insistance à vouloir prendre soin du bébé qui semble tombé du ciel, il se taira et déclarera cet enfant comme le leur.

Ils sont bien à l’abri tous les 3 sur leur île. L’enfant qu’ils ont prénommée Lucy grandit, baignée dans l’amour d’Isabel et de Tom. Mais au cours d’un séjour à Pointe Partageuse pour faire baptiser la petite fille, la réalité va les rattraper : une femme, folle de douleur, est à la recherche de sa petite fille, disparue en bateau avec son père.

Si Tom est prêt à révéler la vérité, Isabel ne veut pas en entendre parler.

C’est un magnifique roman, qui m’a tenue en haleine jusqu’à 3h du matin pour le finir.

Une vie entre deux océans par M. L. Stedman

 

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« Tout ce qu’on ne s’est jamais dit » de Céleste Ng Editions Sonatine

Gros coup de coeur !

Dès les premières lignes (  » Lydia est morte. Mais ils ne le savent pas encore. 3 mai 1977, 6H30 du matin, personne ne sait rien hormis ce détail inoffensif : Lydia est en retard pour le petit déjeuner »), j’ai plongé dans ce roman.

Je pensais au départ lire un bon polar, vu la maison d’édition, mais ce roman va bien au-delà et fait effectivement penser à l’univers de Laura Kasischke.

La famille Lee est composée d’un père : James, né aux USA de parents chinois, d’une mère Marilyn, qui a renoncé à ses études de médecine quant elle s’est retrouvée enceinte, d’un fils aîné, Nath dont le rêve est de devenir astronaute, de Lydia, celle sur qui repose toutes les attentes de la mère et enfin Hannah, bien plus jeune que les deux autres, silencieuse et effacée car personne ne fait jamais attention à elle.

Le père enseigne dans une université de second ordre car bien que très brillant étudiant, ses origines chinoises ont toujours été un frein au développement de sa carrière.

La jeune Lydia sera retrouvée morte, noyée au fond du lac qui jouxte le quartier résidentiel où vit la famille Lee.

L’enquête sert de prétexte à Celeste Ng pour nous raconter l’histoire de cette famille isolée : dans les années 70, il ne faisait pas bon former un couple mixte aux Etats-Unis. Le père n’a jamais pu dire et évacuer toutes les humiliations qu’il a subies dans son enfance, sa solitude. On finit par comprendre qu’il n’a peut-être épouser Marilyn parce que c’était la seule jeune femme à s’intéresser à lui.

Il ne rêve que d’une chose : que ses enfants s’intègrent et soient différents de lui. Au fil des pages, nous découvrons que c’est sur les épaules de la frêle Lydia que reposaient toutes les attentes de ses parents et qu’elle n’avait pas la force de se rebeller.

Découvrir l’histoire de cette famille est passionnante. Outre les thèmes communs à tous les couples, l’auteur s’attache à traiter les problématiques liées aux familles mixtes et les relations entre frères et soeurs.

C’est un Excellent roman que je vous conseille de découvrir.

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit par Ng

 

 

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Agatha Raisin enquête « La quiche fatale » de M.C. Beaton chez Albin Michel

La couverture de ce  roman m’a fait de l’oeil pendant au moins deux mois. J’hésitais à l’acheter jusqu’à ce que George du blog » leslivresdegeorgesand » en parle.

Je dois dire que j’ai passé un excellent moment de lecture, idéal pour la période des vacances. Agatha Raisin, 53 ans, en a assez de la vie londonienne. Elle décide de vendre son agence de communication et de partir s’installer dans un tout petit village des Cotswolds, village où apparemment il ne se passe jamais rien.

Agatha s’ennuie et voudrait bien se faire accepter par les villageois. Elle décide alors de participer à un concours de cuisine, elle qui ne sait pas cuisiner du tout. Tricher ne lui fait pas peur, aussi décide-t’elle d’acheter une quiche à un traiteur londonien réputé. Ce n’est pas elle qui remportera le concours. Agacée, elle laissera le reste de sa quiche sur place.

Or, le lendemain matin, on retrouvera le juge du concours décédé par empoisonnement  Son épouse ayant rapporté à leur domicile le reste de quiche d’Agatha, les soupçons se portent sur ladite quiche.

Agatha Raisin décide de mener l’enquête.

J’ai aimé dans ce roman les caractères des personnages (certains étant complètement déjantés comme seuls les Anglais peuvent l’être), l’ambiance du village, la truculence d’Agatha Raisin.

« La quiche fatale » est le premier roman d’une série à être publié en France. Il y a d’ailleurs une adaptation faite par la télé anglaise que l’on peut voir sur Youtube. J’adore !!

Agatha Raisin enquête : La quiche fatale par Chesney

 

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« Trois frères » de Peter Ackroyd Ed 10-18

Peter Ackroyd est un auteur très connu en Angleterre, auteur de nombreux best-sellers. Il est aussi connu pour ses biographies, notamment celle de Shakespeare. Mais je n’avais encore rien lu de lui. C’est maintenant chose faite.

Son roman se situe à Londres, dans les années 60 mais ses trois héros ne font pas partie du « swinging london »: Harry, Daniel et Sam (les trois frères en question) naissent dans une famille plus que modeste dans le quartier de Camden. C’est là qu’ils vont grandir et s’élever tous seuls. En effet, leur père, veilleur de nuit, est plutôt inexistant et leur mère disparaît du jour au lendemain sans explication. D’ailleurs leur père ne leur dira jamais si leur mère est morte ou toujours en vie.

Chacun des garçons a une personnalité bien différente. Les deux aînés veulent s’en sortir à tout prix, Sam, quant à lui est un doux rêveur dont personne ne s’occupe depuis la disparition de leur mère.

Harry et Daniel quitteront très tôt le domicile de leur père et rompront tout lien avec lui et leur plus jeune frère. Harry deviendra un journaliste connu qui épousera d’ailleurs la fille du propriétaire du journal. Daniel, quant à lui, fera des études littéraires très poussées à Cambridge où il enseignera par la suite. Devenu également un critique littéraire redouté, il n’aura qu’une hantise : que l’on découvre son homosexualité.

Les hasards de la vie feront que Harry, Daniel et Sam se croiseront à plusieurs reprises, notamment dans le cadre d’une affaire de « marchand de sommeil » aboutissant à un meurtre. Cependant, les trois frères n’auront jamais le désir de se trouver à nouveau réunis. Seul Sam, qui aura retrouvé leur mère, aura des contacts avec elle et s’en sortira peut-être le mieux.

Si j’ai lu ce roman très facilement et ai bien accroché à l’histoire, mon coeur balance : ai-je aimé ce que Peter Ackroyd m’a raconté ? Même si je sais pertinemment que des frères ne sont pas forcément des amis, j’ai trouvé dérangeant le comportement des uns avec les autres.

Par contre, j’ai trouvé que l’auteur a réussi le tour de force de rendre cette histoire intemporelle. En lisant certains passages, j’avais l’impression d’être au 19ème siècle. J’étais alors obligée de me remémorer que les trois frères vivaient dans les années 60.

Comme quoi l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement.

 

 

Trois frères - Peter ACKROYD

 

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