» Vinegar girl » d’Anne Tyler Ed 10-18

Anne Tyler a ses petites habitudes : ses personnages principaux sont toujours des femmes et le lieu de prédilection de ses roman est la ville de Baltimore.

 » Vinegar girl » ne déroge pas à la règle. Mais il y a une variante : ce roman est beaucoup plus léger que les autres, comme si l’auteure avait eu envie de s’amuser.

Kate Battista vit avec son père et sa jeune soeur Bunny. Chercheur scientifique, presque aussi inapproprié à la vie hors de son laboratoire que le Pr Tournesol, le père de Kate se repose sur la jeune femme pour gérer tout le quotidien depuis la mort de sa femme.

Kate, la trentenaire et toujours célibataire, se laisse vivre entre les tâches ménagères et son emploi d’assistante dans une école maternelle (où elle est souvent convoquée par la directrice en raison de ses réparties caustiques auprès des parents d’élèves). Ce n’est pas la déprime mais elle a bien conscience que cette vie ne la mène nulle part : elle a arrêté ses études et aucun petit ami ne se profile à l’horizon.

Quand son père lui propose, de façon plutôt balourde, d’épouser son assistant de recherche, de nationalité russe et dont le visa arrive à expiration, Kate lui oppose un refus catégorique, même pour le bien de la science !

Cependant, la jeune femme va réviser son jugement et finalement changer sa vie.

Ce roman d’à peine 240 pages se lit quasiment d’une traite et de façon extrêmement plaisante. Sa lecture, pour ceux qui ne la connaissent pas encore, est une bonne façon d’aborder l’oeuvre d’Anne Tyler qui est si habile à dépeindre la société américaine.

Vinegar girl

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 » La lettre écarlate » de Nathaniel Hawtorne Editions 10-18

Celà faisait plusieurs années que j’avais envie de lire ce roman, publié au milieu du 19ème siècle et qui est un grand classique de la littérature américaine.

Les éditions 10-18 viennent de rééditer « La lettre écarlate » avec une très belle couverture.

Si de nos jours Boston est encore une ville puritaine, en 1642, la colonie était peuplée d’une communauté obsédée par le péché et la honte. C’est là qu’Hester Prynne vit depuis quelques années. Elle a commis le crime d’adultère : elle est jugée, reconnue coupable et condamnée à porter sur son vêtement, toute sa vie durant, un « A » écarlate.

Une petite fille, qu’elle prénommera Perle, est issue de ce péché de chair. Malgré la pression et les menaces qui pèsent sur elle, Hesther s’obstine à ne pas révéler le nom de son amant.

Hester se comportera toujours comme une femme forte, affrontant la calomnie, la mise à l’écart de la communauté dans une petite maison isolée. Sa petite fille est son seul soutien moral .

Nathaniel Hawthorne ne donne que très peu d’indices sur l’identité du père de l’enfant. Nous avons des soupçons au fur et à mesure que le narrateur déroule l’histoire.

Je suis mitigée quant à ma lecture. Le fond de l’histoire est intéressant et il ne faut pas oublier l’époque à laquelle ce roman a été écrit (1850).

Le personnage principal est une femme, la peinture qu’il fait de la communauté puritaine n’est pas tendre :  » En ce jour aussi, le peuple était autorisé, sinon encouragé, à se relâcher de la sévère et stricte assiduité dont il faisait montre dans l’exercice de ses diverses industries rudimentaires, qui, en toute autre saison, semblaient faire corps avec leur religion. On ne trouvait là, il est vrai, aucun des divertissements qui s’étaient si librement offerts à la joyeuse populace dans l’Angleterre d’Elizabeth ou du roi Jacques ; point de frustres représentations théâtrales ; point de jongleurs chantant des ballades légendaires, points de montreurs faisant danser quelque guenon au son de leur musique ; point de bateleurs fertiles en tours de feinte sorcellerie ; point de bouffons mettant la foule en joie par des plaisanteries vieilles peut-être de plusieurs siècles, mais toujours efficaces parce qu’elles font appel aux sources universelles de la commune gaieté. Tous ces maîtres en joyeuseté eussent été sévèrement refoulés, non seulement par la rigide discipline de la loi, mais par l’opinion publique qui donne à la loi sa vitalité. »

Mais je dois avouer qu’à la longue le style m’a un peu pesé. Cependant, je suis contente d’avoir pu enfin lire ce texte.

La Lettre écarlate


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 » La maison des oubliés » de Peter James chez Fleuve Noir

Je n’avais jamais entendu parler de Peter James qui apparemment est un auteur de polars anglais très célèbre. Je viens de faire connaissance de son style avec « La maison des oubliés ».

Ollie Harcourt a un peu forcé la main à son épouse Caro pour acheter un vieux manoir, certes passablement délabré mais charmant, dans les environs de Brighton. Quand le couple s’installe avec leur fille Jade et leurs deux chats, Ollie et Caro sont bien conscients que compte-tenu de leur endettement pour acheter cette immense maison et la remettre en état, ils vont devoir y passer plusieurs années avant de pouvoir la revendre.

Ollie est certain que Cold Hill (la colline froide) est le lieu d’un nouveau départ. Alors que les artisans embauchés pour les travaux mettent quotidiennement à jour des failles dans la construction et donc des frais conséquents qui n’étaient pas prévus au moment de l’acquisition de la maison, des choses bizarres se passent.

La silhouette d’une vieille femme vêtue d’une robe bleue apparaît régulièrement, des ombres flottent, des robinets s’ouvrent tous seuls. Dès qu’Ollie se demande si le manoir ne serait pas hanté et commence à enquêter dans le village, les choses s’accélèrent et empirent.

La situation pour la famille devient inquiétante et dramatique.

Au fur et à mesure que j’avançais dans l’histoire, l’intrigue me faisait penser au film « Les Autres » avec Nicole Kidman mais je ne vous dirai pas si mon intuition était bonne !!

Si j’ai bien aimé ce moment de lecture, je n’ai nullement été effrayée et pour être honnête je me suis demandée à la fin si le propos de l’auteur n’était pas tout simplement humoristique. C’est vrai, les Anglais sont familiers des fantômes !!

La Maison des oubliés



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 » La danse du temps » d’Anne Tyler Editions Phebus

Anne Tyler fait partie de ces auteurs dont j’ai tout de suite envie de lire le dernier roman paru.

C’est pourquoi je remercie Babelio et Masse Critique de m’avoir donné cette opportunité.

« La danse du temps » est divisé en deux parties. La première débute en 1967 alors que Willa est âgée d’une dizaine d’années. Elle est l’aînée de deux filles et vit dans une famille que l’on qualifierait aujourd’hui de dysfonctionnelle. En effet, sa mère présente tous les symptômes de la bipolarité et même si son père tente de limiter les dégâts, la vie quotidienne des fillettes reste suspendue aux troubles d’humeur de leur mère.

A l’université Willa rencontrera Derek, séduisant jeune homme qu’elle épousera, conformément à son souhait à lui, avant même la fin de ses études, qu’elle sera contrainte de toute façon d’abandonner pour cause de grossesse. S’ensuivront les années de vie de famille jusqu’à son veuvage vingt ans plus tard.

Willa croisera la route de Peter qui deviendra son deuxième mari. Elle le suivra en Arizona car ce dernier, avocat à la retraite, entend bien s’adonner à sa passion du golf.

C’est une Willa qui semble satisfaite de sa vie qui aborde la deuxième partie du livre. Or, un jour, elle reçoit un coup de fil d’une parfaite inconnue lui demandant de venir s’occuper de la fille de Denise, victime d’une fusillade.

La seule Denise dont Willa a jamais entendu parler, c’est une ex-petite amie de son fils Sean et qui vit à Baltimore. Sans trop réfléchir, Willa accepte de se rendre à Baltimore. Bien sûr, elle ne connait pas Denise, bien évidemment elle n’est pas la grand-mère de la petite Cheryl mais elle perçoit bien le vide qu’il y a en elle. Ses fils adultes vivent loin et ne donnent quasiment jamais signe de vie. Son mari lui fait sentir qu’elle n’est pas vraiment bonne à grand chose sauf à s’occuper de lui.

Son séjour à Baltimore sera révélateur et va changer la perception que Willa a d’elle-même. Pour la première fois de sa vie peut-être, elle va oser exprimer ses propres désirs et sa volonté de faire quelque chose qui compte pour elle.

Après toute une vie où elle a ménagé la chèvre et le chou, pris soin des membres de sa famille qui ne se préoccupent nullement de son bien-être à elle, enfin, à 61 ans, Willa décide de prendre sa vie en mains.

Anne Tyler a dressé dans ce roman, comme à son habitude, un portrait de femme touchant et profond. Alors qu’elle a tout donné pour sa famille, la voir prendre conscience qu’elle doit maintenant s’émanciper et réellement vivre avant qu’il ne soit trop tard est un message puissant pour ses lectrices.

Encore une fois, j’ai adoré lire cette auteure.

La danse du temps -

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 » Sorcier » de Jim Harrison Editions 10-18

J’avais découvert ce monument de la Littérature Américaine dans ma jeunesse en lisant « Légendes d’Automne » et « Nord Michigan ». Mais la lecture du « Vieux saltimbanque » m’avait déçue.

La réédition de  » Sorcier » par les Editions 10-18 m’a parue une bonne occasion de retomber en amour avec cet auteur.

Sorcier est le surnom que se donne à lui même Johnny Lundgren, la quarantaine, cadre au chômage depuis deux ans et époux de la somptueuse Diana. Désoeuvré avec de grandes dispositions pour la dépression, Sorcier semble ne penser que par le biais de son estomac et de son pénis. Ce qui paraît il est très courant dans la psychologie masculine !!

J’ai eu un peu de mal à entrer au début dans ce roman, les tergiversations de cet homme me laissant froide. Je n’ai commencé à prendre du plaisir à ma lecture qu’au milieu de la deuxième partie, c’est à dire au moment où le richissime Docteur Rabun propose à Sorcier d’être un espion à sa solde (très bien rémunérée) dans le cadre de ses affaires et de sa famille résidant en Floride.

Les mésaventures qui vont alors survenir m’ont amusée même si c’était parfois rocambolesque mais pourquoi pas. Dans la préface, François Busnel parle de « farce rabelaisienne ». C’est tout à fait ça.

Sorcier




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« La goûteuse d’Hitler » de Rosella Postorino

J’ignorais jusqu’à la parution de ce roman qu’Hitler avait utilisé des femmes pour manger quelques heures avant lui les plats qui lui seraient servis au petit-déjeuner, déjeuner et dîner.

Automne 1943. Rosa, 26 ans, a quitté Berlin et son appartement détruit par les bombardements pour rejoindre en Prusse Orientale ses beaux-parents. C’est dans leur petit village qu’elle veut attendre le retour de la guerre de son mari Gregor.

Mais quelques jours après son installation, des SS viennent lui notifier son obligation de se rendre tous les matins au Krausendorf où vit retranché le Führer. Elle se retrouve donc avec une dizaine de femmes inconnues, contraintes comme elle, à passer ses journées dans un réfectoire à manger et à attendre ensuite des heures pour voir si un des plats était empoisonné. Le système est bien rôdé : seules deux femmes mangent le même met afin de pouvoir détecter plus facilement lequel contenait du poison.

Outre la peur à chaque bouchée avalée, Rosa doit composer avec ses compagnes plus ou moins amicales, l’attente de la permission de Gregor pour les fêtes de Noël. Or, elle reçoit un pli de l’Etat Major l’avertissant que son mari a disparu en Russie.

La jeune femme, persuadée qu’elle ne reverra plus jamais Gregor, n’aspire plus à vivre. La dépression qui s’abat sur elle lui fait par réaction prendre un chemin qui pourrait être dangereux pour elle.

Le fait historique évoqué dans ce roman est intéressant ; la peinture de la société allemande à cette époque montre que tous n’adhéraient pas aux thèses et actions du nazisme mais que tous vivaient sous la contrainte et la peur comme sous toute dictature bien organisée et contrôlée. Ce qui, à mes yeux, n’excuse toutefois personne.

Rosella Postorino évoque aussi dans ce roman la vie des femmes en temps de guerre : les difficultés au quotidien pendant que les maris sont au front ou prisonnier, les amitiés ou inamitiés entre femmes, le manque de tendresse et de contact physique qui peuvent pousser à faire des choses dangereuses.

Ce livre montre aussi que, quelque soit le côté où l’on se trouve, la guerre n’engendre toujours que peur et souffrance.

La goûteuse d'Hitler par Postorino


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« Madame EINSTEIN » de Marie Benedict Editions 10-18

Disons le tout de suite, « Madame Einstein  »
est un gros coup de coeur !

Mileva Maric intègre en 1886 l’Institut polytechnique de Zurich. Elle cumule les difficultés : elle est une des rares femmes admises dans ce prestigieux établissement, elle boîte à cause d’une malformation de la hanche et elle est serbo-croate.

Mais Mileva a la foi chevillée au corps. Elle est brillante en mathématiques et douée en physique. Elle a toujours été choyée et poussée vers les études par son père qui y voit pour sa fille un moyen de survie pour l’avenir. En effet,compte-tenu de son handicap , les parents de la jeune femme pensent qu’elle ne trouvera jamais un mari.

C’est peu de dire que Mileva ne sera pas bien accueillie dans cet univers exclusivement masculin. Seul un étudiant qui subit lui aussi une forme d’ostracisme en raison de ses origines juives lui témoigne une forme d’amitié : Albert Einstein.

Elle va travailler très dur pour se faire une place et être reconnue par ses professeurs. Elle a un but : « avoir le droit d’étudier les questions que les philosophes se posaient depuis la nuit des temps, celles auxquelles les grands esprits scientifiques de notre époque étaient prêts à apporter des réponses : la nature de la réalité, de l’espace, du temps, ainsi que son contenu. Je voulais me pencher sur les principes de Newton concernant les actions réciproques, la force, l’accélération et la gravitation, et les examiner à la lumière des dernières découvertes réalisées dans le domaine des atomes et de la mécanique afin de voir s’il existait une théorie unique capable d’expliquer la diversité apparemment infinie des phénomènes naturels et du chaos. »

Si Mileva résiste pendant longtemps à l’attrait qu’exerce sur elle Albert Einstein et à l’amour que celui-ci dit lui porter, elle finira par s’abandonner, Einstein lui promettant une vie de bohême où ils pourront tous deux exercer leurs talents de scientifiques à parts égales.

A partir de ce moment là va s’appliquer dans sa vie une des théories de Newton : « Le changement de mouvement est proportionnel à la force motrice imprimée et se fait selon la ligne droite dans laquelle cette force est imprimée. » C’est à dire que sa vie sera dirigée par la volonté d’Albert Einstein qui va révéler des aspects peu reluisants de sa personnalité.

Si le couple travaille ensemble sur des concepts et des articles scientifiques, Albert Einstein s’en attribue tout le mérite, Mileva découvrant seulement au moment de leurs publications qu’il a refusé que son nom y figure en temps qu’auteure.

De blessures morales en trahisons, Mileva fera bonne figure pendant des années, jusqu’au moment où elle comprendra qu’elle doit donner à sa vie une autre direction si elle ne veut pas se renier complètement.

Elle obtiendra le divorce ainsi que l’argent du Prix Nobel, les articles sur la relativité de 1905 étant le fruit de son propre travail. Elle élèvera seule ses deux fils dont le plus jeune souffrait de démence.

On peut se demander si ce roman n’est que fiction ou repose sur des faits véridiques, notamment en ce qui concerne les travaux d’Einstein. La découverte dans les années 1980 de lettres échangées par le couple entre 1897 et 1903 met à jour l’influence de Mileva sur les travaux d’Albert. Ces courriers avaient jusque là étaient tenus secrets.

J’avais lu il y a quelques années l’excellent « Le cas Eduard Einstein » de Laurent Seksik où Albert n’apparaissait pas sous un meilleur jour. Le roman de Marie Benedict y fait écho. Mais il paraît que tous les génies ont leur part d’ombre…

Précipitez-vous pour lire « Madame Einstein »car Mileva Maric mérite d’être découverte.

Madame Einstein

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