« La dame du Charmant Som » de Sylvain Ansoux

Merci à Babelio Masse Critique et aux Editions THOT de m’avoir permis de découvrir ce roman.

Ce livre est composé de trois livres : celui d’Emile, celui de Madeleine et enfin celui de Léon.

Emile est un jeune homme passionné, fou de musique. A l’automne 1868, il parcourt les environs du Massif de la Chartreuse. C’est là qu’il va rencontrer la jeune et belle Madeleine avec qui il entretient une passion amoureuse si intense qu’il composera pour elle sur son accordéon « La dame du Charmant Som ».

Madeleine aime Emile d’un amour profond et sincère. Elle est profondément blessée quand celui-ci repart sur les routes, bien décidé qu’il est de profiter des plaisirs de la jeunesse, sans même lui dire au-revoir. Elle ne tardera pas à comprendre qu’elle attend un enfant.

Léon, c’est l’enfant né de l’amour de Madeleine et d’Emile. Même élevé un temps par un autre homme, il ne peut résister à l’appel de la musique qui sourd de son âme. Aussi quand sa mère lui donne la partition de « La dame du Charmant Som », il l’étudie, s’entraîne pendant des heures.

Ce qui lie ces trois personnages entre eux, c’est l’Amour et la passion pour la musique. Cette passion va mener le fruit de cet amour de l’autre côté de l’Atlantique sur des chemins musicaux inattendus jusqu’en Argentine.

Je les ai trouvés attachants et émouvants ces trois personnages. J’ai été déçue que la pièce musicale « La dame du Charmant Som » n’existe pas… j’aurais aimé la découvrir sous la forme d’un tango.

Ce roman fut pour moi une jolie découverte.

La dame du Charmant Som

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« La maison au bord de la nuit » de Catherine Banner

Catherine Banner est une auteure à succès pour les jeunes adultes. « La maison au bord de la nuit » est son premier roman. Je suis tombée sous le charme de son histoire dès les premières pages.

Car bien qu’elle soit anglaise, l’auteure dépeint à merveille les paysages et les tempéraments plutôt fougueux des habitants de la petite île de Castellamare, caillou semé au large de la Sicile, peut-être par un des personnages des légendes qui y sont racontées.

En janvier 1875, est déposé à l’orphelinat de Florence un nourrisson de sexe masculin. Prénommé Amedéo, et grâce au soutien du médecin de l’orphelinat qui sera son tuteur, il devient médecin de campagne.

Après les horreurs de la Première Guerre Mondiale, Amedéo ne trouve comme poste de médecin que celui qui vient d’être créé sur la toute petite île de Castallemare.

Amedéo y débarque le jour de la Fête de la Sant’Agata, la sainte locale pourvoyeuse de miracles :  » La place était en proie à un joyeux chaos. Des femmes se pressaient, portant à bout de bras de grands plateaux chargés de poissons. On versait le vin à co- pieuses rasades, des mélodies carnavalesques qu’on égrenait à la guitare et à l’organetto emplissaient l’air nocturne. (…) Sur une estrade, on avait dressé     une grande sculpture de plâtre peint à l’effigie d’une sainte, une femme à l’épaisse tresse noire et au regard effrayant, embrasé par le feu de cent bougies rouges. (…) Il lui semblait assister à un phénomène merveilleux, magique et réso- lument inédit, et il s’y engagea comme dans une mer accueillante. »

Amedéo va tomber aussitôt sous le charme de l’île. Il y trouvera l’amour en la personne de Pina avec laquelle il va créer une famille.

« La maison au bord de la nuit » est le récit de cette saga familiale avec ses joies, ses peines, ses tourments et tragédies (notamment celles induites par le courant de l’Histoire), ses départs. On suit avec bonheur les parcours des descendants d’Amedéo jusqu’à sa petite fille Lena.

J’ai ADORE ce roman !

La Maison au bord de la nuit par Banner

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 » Jeu blanc » de Richard Wagamese Editions 10-18

Un palet en plein coeur, voilà ce que j’ai eu l’impression de recevoir à la lecture de ce magnifique roman.

Saul Indian Horse, arrivé à la trentaine, est un homme à la dérive. Hospitalisé dans un centre de désintoxication pour alcoolique, son médecin lui conseille d’écrire son histoire afin de pouvoir peut-être ensuite reprendre le cours de sa vie.

Saul est un indien Ojibwé. Il a passé toute son enfance à se cacher des hommes blancs qui parcouraient les forêts, les réserves pour enlever aux autochtones leurs enfants, les conduire dans des internats afin de détruire tout ce qu’il y avait d’indien en eux.

Malheureusement, en 1961, à l’âge de 8 ans, Saul n’a plus aucune famille et il se retrouve dans un de ces internats, dans le nord de l’Ontario. Vont suivre 5 années de souffrances physique et morale. Cependant, Saul se découvre une passion pour le hockey. Soutenu par le Père Leboutilier, le jeune garçon va s’entraîner comme un forcené afin de devenir un grand joueur.

Ce qu’il deviendra mais il devra faire face au racisme et à sa violence : les Blancs pensent que ce sport leur appartient. Saul parviendra-t-il à gérer toute la violence qu’il monter en lui et celle qu’il doit subir sur le terrain de hockey ? Je n’en dirai pas plus.

J’ai eu plusieurs coups au coeur en lisant  » Jeu Blanc »:

  • en lisant les magnifiques descriptions des paysages de son enfance, les coutumes et le savoir-faire ancestral de sa grand-mère
  • les conditions horribles dans lesquelles les enfants autochtones ont été maltraités, affamés, abusés dans ces soit-disant écoles dirigées par des prêtres et des bonnes soeurs
  • la violence du racisme dans le sport
  • la force de résilience de Saul

Ce roman est magnifique, puissant. Je suis ressortie bouleversée de sa lecture. Merci aux Editions 10-18.

Jeu blanc

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« Nous qui n’étions rien » de Madeleine Thien Editions Phébus

Merci à BABELIO et aux Editions PHEBUS pour cette découverte.

Il est des romans si denses, si profonds, soulevant des questions existentielles qu’ils ne peuvent être lus rapidement ou alors on a l’impression de passer à côté de quelque chose.

« Nous qui n’étions rien » fait partie, pour moi, de ces romans.

La jeune Marie, adolescente d’origine chinoise, est née et vit à Vancouver. Sa mère accueille en leur domicile, Ai-Ming, étudiante à Pékin devant fuir la répression consécutive à la rébellion de la place Tian’anmen.

Apparemment la jeune fille serait la fille du meilleur ami du père de Marie, récemment disparu à Hong-Kong. Marie ne connaît rien de la Chine qu’elle va découvrir à travers l’histoire qu’Ai-Ming va lui raconter : celle de la famille de son père.

Pinson, c’est ainsi qu’on l’a surnommé dès l’enfance, naît après la Révolution Culturelle dans une famille où la musique a toujours tenu une très grande place. Le statut de son père, héros de la révolution, lui permettra d’étudier et d’enseigner au Conservatoire.

Mais, la contre-révolution dans les années 1960 et son lot de violence viendra chambouler sa vie : il deviendra ouvrier dans une usine de fabrication de transistors. C’est ce qu’on appelle alors la rééducation par le travail. Pendant des années, Pinson ne pourra plus écouter ses compositeurs favoris (Chostakovitch, Bach et Beethoven), ni même composer.

Le désir de liberté, initié par les étudiants, qui se met à souffler sur la Chine à la fin des années 1980 laisse espérer un renouveau. Les espoirs seront bien vite brisés.

Il y a deux choses qui ont retenu mon attention dans ce roman :

  • la dictature faite au nom du Peuple qui a conduit à la famine, à la misère du plus grand nombre, à l’éradication des intellectuels et des artistes, à la terreur engendrant elle-même des dénonciations et des exactions, au rejet de l’individualité et à l’impossibilité de toute vie privée : « La vie était comme ça à l’époque, a-t-elle fini par dire. Les gens se perdaient du vue. On pouvait vous envoyer à cinq mille kilomètres de chez vous sans espoir de retour. Tout le monde connaissait tellement de gens dans cette situation, des gens qu’on avait envoyés ailleurs (…) Les gens n’avaient tout simplement pas le droit de vivre où ils voulaient, d’aimer qui ils voulaient, d’exercer le métier qu’ils voulaient. Le Parti décidait de tout. (…) Tant de gens avaient été envoyés dans des camps de travail comme Ba Luth, arrêtés comme Vrille et Wen, réassignés dans des provinces lointaines comme Ling et Mère Couteau ; ces gens avaient été privés d’une liberté fondamentale : le droit d’élever leurs propres enfants. »

D’où mon questionnement, le Peuple a-t-il toujours raison ? Les actes commis en son nom ne sont-ils parfois pas plus terribles que ceux d’un pouvoir soucieux du respect des institutions ? Je trouve que cela résonne particulièrement avec ce que nous vivons actuellement en France (ceci n’est que mon opinion personnelle).

  • le pouvoir de la musique classique. J’ignorais que les musiciens cités plus haut avaient été largement étudiés, joués en Chine avant l’arrivée de Mao au pouvoir. La musique tient une si large place dans ce roman que je suis allée emprunter à ma médiathèque préféré les oeuvres citées.

 » Nous qui n’étions rien » est un roman à découvrir car il permet de découvrir l’Histoire de la Chine à travers celle de Pinson, Mère Couteau, Vrille, Da-Wei et Quatre Mai, sans oublier Zhuli la jeune violoniste passionnée.

Nous qui n'étions rien par Thien
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 » Devenir » de Michelle Obama

Michelle Obama jouit d’une telle popularité qu’elle pourrait être qualifiée de star. On a l’impression de connaître sa vie et l’intérêt de lire son autobiographie ne nous apparaît pas tout de suite.

Or, je suis une femme curieuse de voir quel est le moteur qui pousse mes Soeurs humaines à avoir une vie hors du commun. Je me suis donc plongée dans la lecture des 500 pages de ce livre.

Comme dans toute bonne autobiographie, on commence par l’enfance. Michelle Obama est née dans une famille ouvrière de la banlieue de Chicago. Son père souffrait de sclérose en plaque, sa mère était mère au foyer. Ils lui ont inculqué le respect de soi-même et de l’autre, le goût de l’effort et du travail, sans oublier l’humour, le goût du rire et le sens de la famille. Le tout entouré d’un grand cocon d’amour.

Dans la partie « Devenir moi », Michelle Obama évoque ses années d’études à Princeton, son embauche par un cabinet d’avocats prestigieux de Chicago. C’est là qu’elle rencontrera Barak Obama.

Dans la partie « Devenir Nous », elle revient sur sa vie de femme, d’épouse et de mère. Elle n’utilise pas la langue de bois pour nous parler de ses questionnements, de ses difficultés, de ses troubles. En effet, elle a bien souvent été la seule femme noire : dans sa classe à l’université, dans des réunions professionnelles. Elle a dû souvent lutter contre le sentiment de ne peut-être pas être à sa place.

Elle évoque également son malaise profond à travailler dans ce grand cabinet d’avocats. Certes, le salaire confortable lui permet de vivre bien différemment de ses parents et de rembourser les conséquentes mensualités de remboursement de son prêt étudiant. Mais Michelle a envie d’autre chose, elle veut être utile.

Elle changera de voie professionnelle pour s’investir dans le social. Quand Barak Obama se fera happer par la vie politique, elle fera contre mauvaise fortune bon coeur pour le soutenir, elle qui déteste ce milieu.

Devenue Première Dame des USA, elle se donnera corps et âme pour créer des actions afin de faire bouger des lignes, notamment dans le problème de santé publique qu’est l’obésité infantile. (Devenir Plus).

Elle évoque la vie, pas toujours facile, à la Maison Blanche ; sa volonté d’élever ses filles comme elle l’a été elle-même par des parents présents et aimants.

Michelle Obama semble avoir faite sienne la phrase de J.F Kennedy : « Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi mais plutôt ce que tu peux faire pour ton pays. »

J’avais de la sympathie pour Michelle Obama. Après la lecture de ce livre, j’éprouve une profonde admiration pour cette femme si courageuse.

Devenir

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« Des poignards dans les sourires » de Cécile Cabanac Fleuve Noir

Je tiens à remercie les Editions Fleuve Noir qui m’ont permis de lire en avant-première ce roman.

Clermont-Ferrand ne jouit pas de la réputation d’une ville ensoleillée et joyeuse. C’est pourtant là que la jeune inspectrice Sevran a demandé sa mutation du mythique 36 Quai des Orfèvres après son divorce.

Dès son arrivée, une enquête difficile l’attend : le corps d’un homme sans tête ni membres vient d’être retrouvé. Difficile de l’identifier.

Dans une petite ville des alentours, Catherine Renon constate en rentrant chez elle la disparition de son mari : ses affaires personnelles ne sont plus là, sa voiture non plus. Elle ressent un grand soulagement, ce dernier lui pourrissant la vie à cause de son alcoolisme et sa dépravation sexuelle. Elle n’ira d’ailleurs pas signaler sa disparition à la gendarmerie.

Dans le même temps, sa belle-mère s’inquiète beaucoup. C’est elle qui forcera Catherine à l’accompagner à la gendarmerie. Or, l’attitude de la jeune femme, qui n’est pas celle d’une femme éplorée, conduit l’inspectrice Sevran à la suspecter.

L’enquête démarre, nous dévoilant au passage l’univers de la petite bourgeoisie bien pensante de la France profonde. Monde parfois bien peu reluisant mais où il importe de se taire.

Difficile de devenir qui est le coupable, des suspects potentiels se croisent tout au long de l’histoire. Jusqu’au dénouement inattendu.

Ce qui m’a plu dans ce roman : l’ambiance (pas de scènes gore mais une très bonne peinture familiale et sociétale. Effectivement, comme le souligne la 4ème de couverture, il y a du Chabrol dans l’atmosphère de cette histoire ; l’originalité du lieu (l’Auvergne) ; le caractère de son enquêtrice dont on a envie de connaître la suite de son parcours.

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« Dix-sept ans » d’Eric Fottorino

Dix-sept ans, c’est l’âge qu’a la mère du narrateur, Eric, au moment de sa naissance en 1960. Naissance illégitime puisque sa mère n’est pas mariée, naissance honteuse pour sa grand-mère bigote puisque son géniteur est d’origine juive.

Lors d’un repas de famille 50 ans plus tard, la mère d’Eric va faire une terrible révélation : entre sa naissance et celle de ses deux demi-frères, elle est à nouveau tombée enceinte et sa mère lui a enlevé sa petite fille juste après son accouchement pour la faire adopter.

Profondément choqué, Eric part s’isoler à Nice, ville de sa naissance qu’il a toujours refusé de visiter. C’est dans la vieille ville qu’il va partir sur les traces de sa jeune mère, imaginer ce qu’elle a pu ressentir.

C’est là aussi qu’il va trouver le courage de regarder en face les relations ou plutôt les non-relations qu’il a toujours eu avec elle, affronter le manque d’amour dont il a toujours souffert, comprendre ce à quoi cette femme a survécu.

Au terme de ce voyage, il réalisera qu’il a finalement toujours eu une maman, même s’il refusait de l’appeler ainsi.

Ce roman est touchant car, même si l’on n’a pas vécu la même situation que le narrateur, il y a toujours eu un moment, dans notre enfance ou à l’âge adulte, où les relations avec les parents ont été difficiles.

Tout est dit dans une économie de style et chaque phrase sonne avec justesse. Magnifique moment de lecture.



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